
Background
ONU Femmes, créée par la résolution 64/289 (2010) de l'Assemblée générale des Nations Unies, est l'organisation des Nations Unies dédiée à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes. Son mandat est de soutenir les États membres de l'ONU dans l'établissement de normes mondiales pour atteindre l'égalité des sexes et de travailler avec les gouvernements et la société civile pour concevoir les lois, les politiques, les programmes et les services nécessaires pour garantir que les normes sont effectivement mises en œuvre et profitent réellement aux femmes et aux filles du monde entier. ONU Femmes a également pour mandat de diriger, promouvoir et coordonner le travail du système des Nations unies sur l'égalité des sexes, et de promouvoir la responsabilité, notamment par un suivi régulier des progrès réalisés à l'échelle du système.
Conformément à son triple mandat (normatif, opérationnel et de coordination), ONU Femmes met en œuvre des interventions articulées autour de quatre domaines thématiques : Gouvernance et participation à la vie publique ; Promotion économique des femmes ; Élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles ; Femmes, paix et sécurité, action humanitaire et risques et catastrophes. Le soutien d'ONU Femmes au renforcement du leadership des femmes et à leur participation significative à la vie politique est l'un des principaux axes de son domaine thématique "Gouvernance et participation à la vie publique". Dans ce cadre, l'organisation travaille avec des partenaires clés (organisations de la société civile, organes de gestion des élections, départements ministériels, parlementaires, femmes leaders, partis politiques, médias, autres agences des Nations unies, ONG internationales, etc.) pour s'assurer que les femmes peuvent participer pleinement et équitablement à la prise de décision, et que les femmes et les filles bénéficient de lois, de politiques, de budgets, de services et d'institutions responsables qui tiennent compte de la dimension de genre.
En République centrafricaine (RCA), une série de réformes a été engagée afin de renforcer la participation politique des femmes. La Constitution du 30 août 2023 affirme explicitement l'égalité des femmes et des hommes devant la loi et charge l'État d'éliminer toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, de garantir leur pleine participation au développement national et d'assurer la mise en œuvre effective de la parité au sein des institutions nationales, régionales et locales. Cet engagement politique s’est concrétisé par la promulgation de la loi sur la parité en novembre 2016, dont l’objectif est de renforcer la participation des femmes aux instances décisionnelles. La loi fixe un quota minimum de 35% de représentation des femmes aux postes de décision, tant nommés qu’électifs, au sein des institutions publiques et privées. Le Code électoral de juillet 2024, tel que modifié par la loi du 26 septembre 2025, renforce ce cadre en exigeant des partis politiques, aux associations politiques et aux groupements politiques, en particulier dans le cadre du système électoral uninominal à deux tours applicable aux élections législatives, régionales et municipales, de présenter des listes et des candidatures conformes aux exigences de parité, y compris l’obligation de présenter au moins 35% de candidates, notamment par le biais de listes paritaires et alternées lors des élections municipales.
Cependant, malgré l’existence de ce cadre normatif solide, la mise en œuvre de ce cadre juridique au sein des partis politiques est restée inégale et largement insuffisante. Une résistance persiste au sein des structures dirigeantes des partis, majoritairement masculines, où la contribution des femmes à la mobilisation de la base et aux campagnes électorales est reconnue, mais se traduit rarement par une place équitable sur les listes électorales ou un accès significatif à des postes éligibles. Le pouvoir politique limité des femmes est encore renforcé par les normes patriarcales et les rôles de genre stéréotypés et discriminatoires qui y sont associés, lesquels constituent des barrières à la fois tangibles et symboliques qui renforcent la position subordonnée des femmes par rapport aux hommes. En outre, le taux d’analphabétisme élevé chez les femmes (76 % en 2021, contre 49 % chez les hommes) et les niveaux de pauvreté disproportionnés auxquels elles sont confrontées (80 % contre 69 % chez les hommes) restent des obstacles majeurs à leur participation pleine, égale et significative à la vie politique.
Les données consolidées de l'enquête sur la représentation des femmes au sein des ministères et des institutions de la République (ONP 2026) montrent que les femmes représentent en moyenne 31,6% du personnel des ministères et 32,2% de celui des institutions nationales. Cependant, leur présence diminue fortement aux niveaux décisionnels, avec moins de 20% des postes ministériels, environ 14% des postes de directeur général, 13% des postes au sein des inspections centrales et moins de 15% des postes de secrétaire général et de chef de service. Face à ces inégalités structurelles et à la violence qui entrave la participation politique des femmes, ONU Femmes et le Ministère de la promotion de l’égalité des sexes, de la protection des femmes, de la famille et des enfants (MPGPFFE) ont entrepris des efforts ciblés pour soutenir les candidates et garantir leur participation. La prévention et la lutte contre la violence électorale ont ainsi été placées au cœur des interventions grâce à la réactivation de la ligne d’assistance téléphonique gratuite 1325, un mécanisme stratégique d’alerte précoce qui a démontré son efficacité lors des élections de 2020-2021, avec plus de 27 000 signalements enregistrés. Sa revitalisation, recommandée lors du dialogue de haut niveau de mai 2025, vise à renforcer la protection des candidates, à améliorer le traitement des plaintes et à garantir une intervention rapide des forces de défense et de sécurité ainsi que de la MINUSCA. Ces actions, combinées à des activités de plaidoyer, de sensibilisation et d’appui juridique, constituent des leviers essentiels pour promouvoir une gouvernance plus inclusive et réduire durablement la violence.
En raison de la conjonction de différents obstacles, les femmes restent sous-représentées dans les instances décisionnelles qui définissent les politiques clés ayant une incidence sur leur vie, alors qu’elles représentent 50,2% de la population centrafricaine (ICASEES, 2021). En effet, les femmes ne représentent que 12 % des membres de l’Assemblée nationale (législature 2020-2025) et 18,75% des ministres du gouvernement de janvier 2024. Bien que les partis politiques aient reconnu la nécessité de se conformer à l’obligation d’avoir au moins 35% de candidates aux élections, aucune entité politique n’a pleinement respecté cette obligation. Selon les données de l’Autorité nationale électorale (ANE) pour les élections combinées de 2025, seules 9,76% des listes de candidats aux élections régionales et 15,66% aux élections municipales étaient menées par des candidates. Ce faible niveau de représentation devrait se traduire par une sous-représentation persistante des femmes au sein de ces instances décisionnelles. Cet écart entre les ambitions juridiques et la pratique politique souligne la nécessité d’une évaluation approfondie de la mise en œuvre du cadre institutionnel et réglementaire sensible au genre pour les élections depuis son adoption, ainsi que de mesures correctives ciblées pour garantir sa mise en œuvre effective et durable.
L'étude nationale sur les violences faites aux femmes dans la vie politique et en période électorale en RCA s'inscrit dans ce contexte. Elle adopte une méthodologie mixte, combinant des approches qualitatives et quantitatives. Elle devrait fournir des preuves sur les obstacles les plus importants à la participation politique et au leadership des femmes dans le pays et faire des recommandations pertinentes pour guider les efforts d'ONU Femmes et de ses partenaires pour promouvoir et soutenir l'autonomisation politique des femmes et leur participation en tant que détentrices d'un mandat public. Les principales conclusions de cette étude serviront également de base à de futures recherches quantitatives et qualitatives mondiales sur la violence à l'égard des femmes dans la fonction publique.
Dans le cadre de cette importante étude, le Bureau ONU Femmes RCARCA recrute un(e) consultant(e) national(e) pour mener à bien les composantes qualitatives de l'étude et assurer la coordination avec les parties prenantes nationales. Il/elle travaillera sous l'autorité de la Représentante Résidente, la coordination du Responsable de Programme et la supervision directe de la Spécialiste du Programme EVAWG, Governance and Women’s Leadership d’ONU Femmes RCA, et en étroite coordination avec l'équipe du WPP au siège d'ONU Femmes.
OBJECTIFS DE L'ETUDE
L'objectif général de cette étude est de recueillir des données factuelles et contextuelles sur la violence à l'égard des femmes en politique, en particulier celles qui se présentent aux élections locales de 2025-2026.Elle a cinq objectifs opérationnels, à savoir :
Competencies
Duties and Responsibilities
Le/la consultant(e) national(e) fournira l'appui technique et la coordination nécessaires à la mise en œuvre de l'étude nationale sur les violences faites aux femmes dans la vie politique en RCA. A cet effet, il/elle entreprendra les tâches suivantes :
Tâche 1 : Diriger la mise en œuvre des composantes qualitatives de l'étude nationale sur la violence contre les femmes en politique en RCA
Recherche de base et analyse documentaire de toutes les preuves et données existantes sur la violence à l'égard des femmes en RCA.
Recherche d’informations sur l’exécution du cadre institutionnel en matière d’élections
Recherche qualitative préliminaire et vérification du contenu de l'étude
Contribuer de manière significative à une cartographie nationale des parties prenantes concernées par la prévention, l'atténuation ou la réponse à la violence contre les femmes en politique en RCA. Les parties prenantes peuvent inclure, par exemple, la Commission électorale indépendante (CEI) et ses antennes, la police nationale, les institutions judiciaires, les partis politiques, les agences des Nations unies, les partenaires de développement et les organisations de la société civile impliquées dans la lutte contre la violence à l'égard des femmes dans le pays.
Collecte de données qualitatives à l'échelle nationale
Tâche 2 : Préparation d'un rapport détaillé et de documents de plaidoyer
Tâche 3 : Assurer la liaison avec les principales parties prenantes de l'étude afin de garantir leur adhésion et leur participation à la mise en œuvre de l'étude et à la diffusion de ses résultats.
Appui à la coordination d'un groupe de référence d'acteurs nationaux impliqués dans la lutte contre la violence à l'égard des femmes en politique.
Lancement du rapport
PRINCIPAUX LIVRABLES ATTENDUS
Livrables attendu dans le cadre de la tâche 1
Livrables attendu dans le cadre de la tâche 2
Livrables attendu dans le cadre de la tâche 3
En plus de ces livrables, le/la consultant(e) national(e) sera en charge de la production de :
Le paiement de cette consultance sera basé sur la réalisation de chaque prestation et la certification que chacune a été réalisée de manière satisfaisante. Le paiement sera basé sur la soumission du rapport SSA ainsi que de la feuille de route et des annexes pertinentes en tant que documents justificatifs de la réalisation des objectifs.
Livrables Délai d'achèvement prévu (jour d'échéance) Calendrier de paiement (facultatif)Lieu de travail et déplacements officiels du consultant
Le consultant devra fournir une déclaration de bonne santé, approuvée par un médecin agréé.
Valeurs fondamentales et principes directeurs
Compétences:
Valeurs fondamentales
Compétences essentielles
Veuillez consulter ce lien pour en savoir plus sur les valeurs fondamentales et les compétences d'ONU Femmes :
https://www.unwomen.org/en/about-us/employment/application-process#_Values
Compétences fonctionnelles
Formation et Certification
Education Master en Sciences Politiques, Sociologie, Relations Internationales, Genre, droit ou dans un domaine pertinent.
Expériences:
Au moins 5 ans d'expérience dans la coordination et la conduite d'études dans les domaines de la participation politique des femmes, de la violence à l'égard des femmes, de l'assistance électorale et de l'intégration de la question de l'égalité entre les hommes et les femmes dans les élections, y compris l'examen de la législation et des politiques ;
Langues:
Statements :
In July 2010, the United Nations General Assembly created UN Women, the United Nations Entity for Gender Equality and the Empowerment of Women. The creation of UN Women came about as part of the UN reform agenda, bringing together resources and mandates for greater impact. It merges and builds on the important work of four previously distinct parts of the UN system (DAW, OSAGI, INSTRAW and UNIFEM), which focused exclusively on gender equality and women's empowerment.
Diversity and inclusion:
At UN Women, we are committed to creating a diverse and inclusive environment of mutual respect. UN Women recruits, employs, trains, compensates, and promotes regardless of race, religion, color, sex, gender identity, sexual orientation, age, ability, national origin, or any other basis covered by appropriate law. All employment is decided on the basis of qualifications, competence, integrity and organizational need.
If you need any reasonable accommodation to support your participation in the recruitment and selection process, please include this information in your application.
UN Women has a zero-tolerance policy on conduct that is incompatible with the aims and objectives of the United Nations and UN Women, including sexual exploitation and abuse, sexual harassment, abuse of authority and discrimination. All selected candidates will be expected to adhere to UN Women’s policies and procedures and the standards of conduct expected of UN Women personnel and will therefore undergo rigorous reference and background checks. (Background checks will include the verification of academic credential(s) and employment history. Selected candidates may be required to provide additional information to conduct a background check.)
Note: Applicants must ensure that all sections of the application form, including the sections on education and employment history, are completed. If all sections are not completed the application may be disqualified from the recruitment and selection process

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